Un cours métaphysique explore l’un des thèmes les plus profonds et persistants dans l’œuvre du maître argentin.
Buenos Aires, 31 janvier 2026. L’écrivain et critique littéraire Carlos Gamerro propose une lecture inédite de Jorge Luis Borges centrée sur l’obsession du temps qu’il présente comme le problème le plus vital de la métaphysique dans un nouveau cours consacré à cette figure majeure de la littérature mondiale. Gamerro lui même romancier et traducteur met en lumière comment l’œuvre de Borges multiplie les variations sur la nature du temps qu’il soit circulaire simultané infini ou fragmenté et comment cette préoccupation traverse l’ensemble de sa production littéraire de ses nouvelles paradoxales à ses essais philosophiques.
Selon Gamerro le temps chez Borges n’est jamais une simple toile de fond narrative mais un moteur conceptuel qui met en question les structures mêmes de l’identité de la mémoire et de la réalité. Dans des textes comme Le Jardin aux sentiers qui bifurquent ou Fictions le temps se dilate se replie et se démultiplie au point de devenir un personnage aussi essentiel que les protagonistes humains. Cette approche rejoint certaines traditions philosophiques occidentales qui envisagent le temps comme une énigme métaphysique plus qu’un simple ordre chronologique invitant le lecteur à repenser sa propre expérience du présent et de l’éternité.
L’obsession temporelle de Borges telle que décrite par Gamerro se manifeste également dans des motifs récurrents comme les labyrinthes les miroirs les doubles et les livres infinis autant de symboles qui incarnent des dimensions discontinues ou cycliques du temps. Cette richesse thématique permet selon Gamerro de comprendre Borges non seulement comme un styliste virtuose mais comme un penseur profondément engagé dans la réflexion sur la condition humaine la perception et l’imaginaire.
Le cours met aussi en évidence la façon dont Borges a influencé des générations d’écrivains et de philosophes non seulement en Amérique latine mais dans le monde entier. Son exploration du temps a suscité des résonances dans des domaines aussi variés que la théorie littéraire la physique théorique et même la philosophie de l’esprit faisant de lui une figure de référence pour ceux qui cherchent à dépasser les catégories traditionnelles de la narration. Beaucoup d’étudiants et de lecteurs trouvent dans cette perspective borgésienne une manière de concilier des questions abstraites avec l’expérience vécue du temps qui passe de sorte que la lecture de ses textes devient une expérience existentielle autant qu’esthétique.
Dans ses commentaires Gamerro souligne que cette fascination pour le temps s’accompagne d’une délicatesse particulière dans le style borgésien où le paradoxe n’est pas une fin en soi mais un moyen de révéler des profondeurs souvent cachées derrière le quotidien. Le lecteur se trouve entraîné dans une dynamique intellectuelle où chaque détour chaque répétition ou chaque motif miroir ouvre des fenêtres vers des significations nouvelles.
Pour les amateurs de littérature et de pensée critique l’interprétation de Gamerro ouvre des pistes stimulantes sur la manière dont les grandes œuvres peuvent dialoguer avec des questions aussi fondamentales que la temporalité l’identité et le savoir. Cette lecture invite à considérer Borges non seulement comme un monument de la littérature hispanophone mais aussi comme un interlocuteur de la pensée universelle sur le temps et l’existence.
Derrière chaque exploration littéraire profonde se cache un fil reliant imagination questionnement et étonnement qui redéfinit notre compréhension du monde et de nous mêmes.